Mesdames et Messieurs, Parler de la pauvreté, c’est parler d’une réalité qui traverse les frontières, les générations et les systèmes. C’est évoquer des vies où chaque décision se fait sous pression, où les besoins les plus élémentaires deviennent des défis quotidiens, et où l’on demande à des millions de personnes de faire des choix impossibles avec des ressources insuffisantes. La pauvreté n’est pas un simple manque d’argent. Elle est un manque d’accès. Manque d’accès à l’éducation, à la santé, à l’information, au crédit, à la stabilité. Elle est un environnement qui limite les perspectives, restreint les opportunités et étouffe le potentiel humain dès les premières années de vie. Trop souvent, on réduit la pauvreté à des comportements individuels, alors qu’elle est la conséquence directe de contraintes structurelles : des économies instables, des systèmes éducatifs inégaux, des logements précaires, des services publics insuffisants. Ce sont ces conditions, et non un quelconque défaut moral, qui enferment les individus dans un cycle difficile à rompre. Pourtant, la pauvreté n’est pas une fatalité. Partout où l’on crée de l’accès, de la stabilité et de la dignité, elle recule. Quand un enfant apprend dans une école de qualité, quand une femme peut entreprendre grâce à un financement accessible, quand un quartier fragile retrouve des services essentiels, quelque chose se transforme. La pauvreté diminue lorsque nous décidons collectivement que personne ne devrait être laissé en marge. La lutte contre la pauvreté exige une vision claire : une vision qui considère chaque être humain comme porteur de valeur, qui reconnaît que l’égalité des chances n’est pas un slogan mais un engagement, et qui repose sur une vérité simple : une société n’est forte que lorsque chacun de ses membres peut se tenir debout. Agir contre la pauvreté, c’est refuser l’indifférence. C’est rétablir la justice. C’est rappeler que le progrès n’a de sens que lorsqu’il inclut les plus vulnérables. À nous de construire un monde où la naissance ne détermine plus le destin, où la dignité n’est pas un privilège, et où la pauvreté n’a plus sa place comme horizon par défaut. Merci.
