À cet endroit, le vent soufflait doucement sur le promontoire. En contrebas, une rivière serpentait entre des arbres denses, et la lumière du soleil glissait sur les feuillages, lumineuse et tranquille. L’air était pur et calme, et le lieu portait en lui un sentiment de solitude totale. Au sommet de ce promontoire, debout, se tenait une fille. Ses longs cheveux clairs flottaient doucement au vent, ses traits fins et son visage impassible ne trahissaient rien. Sa posture droite semblait absorber le souffle léger de l’air, donnant à l’ensemble une impression de tristesse silencieuse, loin de toute joie. Quelque chose se révéla alors à elle, discret mais clair : une vérité qu’elle attendait depuis longtemps. Cela aurait dû être une bonne nouvelle, une étincelle, un signal. Mais ce signe, qui aurait pu réveiller n’importe qui, ne lui apportait rien. Il traversait son esprit comme une lumière froide, sans chaleur, sans promesse. Elle sentait bien que cela comptait, qu’un moment important venait d’arriver, et pourtant elle restait vide, incapable d’espérer. Même le pressentiment d’un futur différent n’avait plus d’écho en elle, comme si son âme avait appris à ne plus tendre la main. Elle demeura immobile, cheveux flottant au vent, consciente de ce basculement, d’une importance qu’elle ne pouvait nommer ni comprendre pleinement. Son regard se perdit dans l’horizon, et dans le silence de sa solitude, elle souffla faiblement : « Ah… C’est ce moment-là. » On a l’impression que ces mots n’ont aucun poids, d’aucune vie. Ils s’échappent d’elle tel un souffle, sans chaleur ni conviction. Sa voix est calme, presque éteinte, comme une évidence qu’elle ne fait que murmurer. On sent qu’elle comprend ce qui vient, qu’elle l’accepte, mais sans la moindre lueur d’espoir. Son regard reste fixé sur l’horizon, vide, figé dans une lucidité glaciale. Il n’y a ni peur, ni attente, juste cette tristesse muette qui s’accroche à elle, invisible mais lourde, tel un voile qu’aucun vent ne pourrait soulever. Dans ce silence, on ne sait plus si elle contemple le monde ou si elle lui dit adieu. Mais pourquoi tant de froideur en elle ? Peut-être que quelque chose dans son passé l’a brisée, qu’elle a été blessée, trahie, maltraitée… ou qu’elle a simplement appris à vivre avec un poids que personne ne pourrait comprendre. Chaque cicatrice invisible semble peser sur elle, sculptant sa manière de se tenir, de parler, de regarder le monde. Pas étonnant après tout… que dire d’un monde où la lumière caresse chaque feuille, où les rivières scintillent comme des cristaux et où les montagnes se dressent avec une majesté qui semble éternelle ? Les prairies verdoyantes ondulent au gré du vent, les forêts s’étendent à perte de vue, et chaque arbre, chaque pierre, chaque souffle d’air semble parfaitement placé pour émerveiller. Les villages s’intègrent avec élégance au paysage, leurs toits et ruelles reflétant la clarté du soleil, et même les créatures les plus petites participent à cette harmonie, vibrant dans un rythme silencieux mais parfait. Chaque élément semble conçu pour captiver l’œil et apaiser l’esprit, de la plus infime fleur aux sommets les plus imposants. Dans ce monde, la beauté n’est pas seulement visible, elle se ressent dans l’air, dans la lumière, dans le calme qui s’étend sur les collines et les rivières, donnant l’impression que tout est en équilibre et que rien ne pourrait jamais troubler cette perfection apparente. Malgré cette apparence irréprochable, le monde porte en lui une noirceur invisible mais totale. Dans l’ombre des forêts luxuriantes et derrière le scintillement des rivières, la violence, la trahison et la souffrance existent à chaque pas. Des villages paisibles cachent des conflits, des secrets anciens et des violences passées que personne n’oublie vraiment. Les montagnes majestueuses témoignent de batailles oubliées, et les créatures, souvent magnifiques, peuvent se montrer cruelles ou hostiles, guettant silencieusement ceux qui s’y aventurent. Partout, l’ombre des injustices, des pertes et des traumatismes flotte dans l’air, invisible mais omniprésente, prête à frapper ceux qui s’y fient trop. Même les plus beaux paysages sont teintés de cette menace constante, rappelant que derrière la perfection, la souffrance est toujours là, immuable et prête à briser n’importe quel esprit. Ceci n’est pas la Terre, mais un autre monde. Un monde qui lui ressemble, avec ses mers, ses forêts et ses ciels familiers, mais dont la beauté surpasse celle de la Terre. Tout y semble unique et hors du commun. Sous cette apparence se cachent des espèces inconnues, des pouvoirs défiant toute logique, des zones aux formes inédites, des objets et technologies uniques, et bien d’autres merveilles encore. C’est un monde extraordinaire… mais qui comporte aussi les mêmes problèmes que la Terre. Ce monde porte le nom d’Ornya.
