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Daniel LubembaによるLe 23 mai 2025, Joseph Kabila, ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), a rompu six années de silence en prononçant un discours virulent, diffusé en direct sur YouTube, au lendemain de la levée de son immunité parlementaire par le Sénat. Cette décision ouvre la voie à des poursuites judiciaires pour trahison, crimes de guerre et crimes contre l'humanité, en lien avec son présumé soutien aux rebelles du M23 soutenus par le Rwanda .
Contenu du discours et critiques formulées
Dans son allocution, Kabila a dressé un tableau sombre de la situation actuelle en RDC, déclarant que le pays est « gravement malade » et que son pronostic vital est engagé. Il a dénoncé une « gouvernance non orthodoxe » sous le régime de son successeur, Félix Tshisekedi, accusant ce dernier d'avoir « ramené le pays au plus bas » . Kabila a également critiqué la gestion économique, affirmant que la dette publique avait explosé à plus de 10 milliards de dollars américains, et a dénoncé la corruption généralisée .
Il a qualifié le système judiciaire d'« instrument d'oppression pour une dictature désespérée » et a accusé Tshisekedi de saper la Constitution et le Parlement du pays . Enfin, Kabila a proposé un « pacte citoyen » articulé autour de douze priorités, dont la fin de la « tyrannie », la restauration de la démocratie, le retrait des troupes étrangères, et la relance d’un dialogue inclusif .
Réactions et critiques
Les réactions à ce discours ont été mitigées. Certains observateurs ont souligné l'ironie de ses critiques, rappelant que les accusations qu'il formule à l'encontre de l'administration actuelle reflètent celles qui ont été portées contre son propre gouvernement durant ses 18 années au pouvoir .
Par ailleurs, des voix critiques estiment que ce discours pourrait être une tentative de Kabila de se repositionner politiquement, alors qu'il fait face à des accusations graves et que son parti, le PPRD, a été suspendu par le gouvernement .
Contexte des accusations
Le gouvernement congolais accuse Kabila de « participation directe » au M23, un groupe rebelle soutenu par le Rwanda, qui a récemment capturé des villes stratégiques dans l'est du pays. Ces accusations sont renforcées par des allégations selon lesquelles Kabila aurait soutenu d'autres groupes armés, comme l'Alliance fleuve Congo et les miliciens Mobondo .
Kabila nie ces accusations, affirmant que son voyage à Goma en avril 2025 visait à contribuer aux efforts de paix dans la région .
Conclusion
Le discours de Joseph Kabila marque une tentative de retour sur la scène politique dans un contexte de tensions accrues en RDC. Alors que le pays fait face à des défis sécuritaires et économiques majeurs, les accusations portées contre l'ancien président et ses critiques envers l'administration actuelle alimentent le débat sur la gouvernance et la stabilité du pays.